Cap Lopez

Piraterie maritime dans le Golfe de Guinée

un-navire-petrolier.jpgLe Gabon vient de subir sa toute première attaque des pirates au large de ses côtes.

En effet, les pirates venant probablement du Delta du Niger, selon certaines sources auraient détourné un navire battant pavillon maltais au large du Cap Lopez, à Port Gentil, la capitale économique du pays. Selon ces mêmes sources, le batiment avait à son bord 24 membres d'équipage tous d'origine indienne. L’attaque s’est déroulée lundi dernier aux environs de 1 h 30 minutes. A ce jour, les recherches entreprises immédiatement n'ont donnés aucun résultat.

Cette attaque représente en point douté une sérieuse menace pour la sécurité du Gabon. Même si les autorités du pays ont tenté de dissiper cet incident en publiant un communiqué laconique, il n’en demeure pas moins que les zones d’ombres persistent encore, notamment sur les circonstances, les auteurs, la provenance et la destination du navire ainsi que son contenu, les motivations et les conséquences prévisibles de cette attaque qui soulève au grand jour la vulnérabilité de nos frontières maritimes.    

Dans un rapport publié le 18 juin 2013, le Bureau maritime international indique qu’au premier trimestre de l’année en cours, 66 cas de piraterie maritime ont été enregistrés, 4 navires détournés, 51 arraisonnés, 7 ont essuyé des tirs d’arme à feu et 4 ont été l’objet de tentatives d’attaque. Au cours de ses attaques, 75 membres d’équipage ont été pris en otages, 14 kidnappés et un a été tué. Le rapport établit également une liste de 966 marins ayant été victimes d’attaques dans le Golfe de Guinée, contre 851 au large de la Somalie soit une diminution de 78% par rapport à 2011. 

Depuis ces derniers temps les actes de piraterie connaissent une hausse très préoccupante et représentent une perte annuelle de plusieurs milliards de Francs CFA pour les secteurs de la production pétrolière ; de la pêche et bien évidemment des transports maritimes dans la région du Golfe de Guinée. Face à ce danger sans cesse permanent, chaque pays essaye de mettre en place selon ses moyens sa propre stratégie nationale, et de renforcer sa présence en mer pour contrer justement les pirates. Devant les difficultés qu’éprouves certains Etats, l’appui de la communauté internationale à toutes ces initiatives est plus que jamais nécessaire, à l’exemple du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique Centrale, UNOCA. 

Comme on le voit, la piraterie s’installe progressivement dans cette région, et c’est justement pour préparer une riposte aux pirates, renforcer les mécanismes de protection des côtes et à lutter efficacement contre ce phénomène dans la sous-région qu’un sommet des Chefs d’Etats a été consacré à cet effet, une rencontre que Yaoundé a eu le privilège d’abriter. 

La piraterie maritime est une véritable industrie qui nécessite de gros moyens matériels et financiers et les pirates qui écument les mers du monde entier ne sont que des exécutants dont il est parfois difficile à identifier les commanditaires. 

Les pirates qui viennent de faire là une démonstration de force au large des côtes gabonaises risquent à la longue de déstabiliser l’économie du pays, si les dispositions concrètes ne sont pas prises dans les meilleurs delais pour véritablement sécuriser notre frontière maritime.