changement climatique

Mandji, inondations ou rêve ?

Les populations de la ville de Port-Gentil, dans l’Ogooué Maritime se réveillent les pieds dans l’eau, conséquence des pluies diluviennes qui rythment la capitale économique du Gabon dès le mois d’octobre. La problématique des inondations à Port-Gentil est une sinécure. Les habitants de cette localité se sont accoutumés à chaque averse. Lorsque l’on évoque la question des inondations, les portgentillais ne sont jamais loin du gabonisme, « on va encore comment ». C’est une façon d’exprimer le ras-le-bol qui les habite depuis des décennies.Inondations à Port-Gentil

En effet, aucun plan de développement concret ne pointe à l’horizon pour sortir la commune des eaux. Port-Gentil a vu défilé les sans pourtant créer des nouvelles canalisations pouvant évacuer les eaux de pluies vers la mer, seules des promesses aveuglantes à chaque rendez-vous électoral. L’inaction municipale rattrape les décideurs qui, aujourd’hui, sont face à la population désemparée. Tout récemment, le conseil municipal a été renouvelé, une occasion pour les habitants de remettre sur la table l’insupportable problème des inondations, aucun arrondissement n’est épargné par la situation.

« Tous les politiciens nous trompent, cette fois j’ai refusé d’aller voter », confie, Fatima, une citoyenne très en colère. Les cours de maisons se transforment constamment à des lacs. Difficile de l’expliquer dans une ville où est concentrée la plus importante ressource économique du pays. Le littoral se fragilise au fil du temps, personne ne bouge le doigt. « On attend, peut- être, une catastrophe généralisée pour voir débarquer une délégation ministérielle depuis Libreville», dénonce Emilienne N, une autre compatriote qui ne cache plus son désarroi.Inondations à Port-Gentil

L’assainissement de cette ville est un impératif pour tous. Parmi, les solutions d’urgence, l’ouverture d’un grand canal partant de la périphérie du quartier Bac Aviation, l’une des nouvelles zones d’habitation. « Il faut tisser des partenariats internationaux pour aider la municipalité à améliorer la commune », suggère, André Moukagni, un ancien maire adjoint. Ces inondations sont l’expression d’une grande précarité que vivent les populations de la seconde ville du Gabon. « Notre priorité est de veiller au mieux-être des portgentillais », s’engageait Bernard Apérano le 5 janvier dernier lors de sa reconduction à la tête de la mairie centrale.

Dans les bidons villes, un danger plane : des câbles électriques traînent à même le sol. Il y près d’un an et demi, une femme mourrait électrocutée au quartier Transfo en période d’inondations. On est en émergence ! Ce n’est pas un rêve, les inondations sont belle et bien là.

Par Danny KOUELE TOLE, Port-Gentil, Gabon. A3/ 25.02.14