illicite

Littoral nord de Libreville en danger !

Littoral nord de Libreville en danger. Ici, les cocotiers ne supportent plus la violence des houles. Il y a 5 ans cet endroit était à plus de 50 m de la marrée.Dimanche 19 février 2012, il est 13 heures 20 minutes, on vient juste d’achever quelques travaux de maison. Comme tous les jours de repos, les samedis et dimanches après le stress et les contraintes d’une semaine de travail très chargé, nous décidâmes de marcher et d’être plus près de la nature et de respirer l’air frai.

L’itinéraire choisi, nous prîmes alors la direction allant de la plage de la sablière à partir de la place des remorqueurs en direction de la baie d’Akouango, vers le au Cap Santa Clara, (commune d'Akanda) au nord de Libreville, soit un linéaire de plus de 10 km aller-retour. C’est fut également l’occasion pour nous d’aller vérifier l’évolution du trait de côte de ce littoral qui subi malheureusement les affres des changements climatiques et de l'action de l'homme sur ces espaces. Selon nos observations, depuis environ 5 ans, la mer a conquit près de 200 m d’espace de terre.   

Littoral nord de Libreville en danger. Ici, les Badamiers à l'eau illustrent l'ancienne limite naturelle entre la mer et le continent.

Cette zone littoral, nous la connaissions du bout des doigts. Il n’y a pas très longtemps, nous faisions le trekking en famille sur ce parcours quasiment tous les week-ends, car nous sommes en quelque sorte la deuxième génération des habitants de cette partie de notre capitale. Mais, depuis que certains compatriotes véreux qui se sont convertis du jour au lendemain en hommes d’affaire pour exploiter illégalement le sable des plages dans cette partie de notre pays modifiant ainsi la morphologie du littoral, il est devenu très difficile de s’aventurer dans cette zone.

Littoral nord de Libreville en danger. Ici, une partie de cette habitation abandonné n'a pas supporté la violence des houles

Cette activité illicite qui a enlaidie considérablement le paysage côtier a également entrainé l’intensification de l’érosion. Certains habitants riverains avec la complicité des personnes clairement identifiés à tous les niveaux ont été aussi impliqués dans ce trafic. Résultat : plusieurs maisons et autres bungalows ont complètement disparus, et d’autres tiennent à peine. Il y a encore 5 ans, ces constructions se trouvaient entre 50 et 100 m de la marrée par endroit. 

Littoral nord de Libreville en danger. Ici, un promoteur touristique a été obligé d'abandonner son projet d'installer les bungalows dans cette partie, pourtant situé il y a 5 ans à près de 100m de la marrée.En outre, le prélèvement du sable des plages qui fragilise davantage ces espaces littoraux n’avantage pas non plus le développement du tourisme, un domaine sur lequel les pouvoirs publics augurent pourtant de réels espoirs dans le cadre de la diversification de l’économie nationale.

Littoral nord de Libreville. Combien de temps encore, reste t-il pour que ces bungalows soient engloutis par les eaux ?

Au fur et à mesure que nous avançâmes, nous découvrîmes un paysage inimaginable, triste et désolant. Toutes ces plages abandonnées gagnées par les eaux au fil des années ont été dans le passé très fréquentée par de nombreux citadins tous les samedis, dimanches et autres jours fériés, furent naguère des espaces salubre et paradisiaque. Aujourd’hui, recouvertes des débris marins et bien d’autres déchets, notamment les sachets, bouteilles, bidons plastiques ; des vieux pneus, des métaux lourd, à l’exemple de ce Timberjack enfoui sous le sable le long de la plage d’Akouango-village.

Littoral nord de Libreville en danger.Ici, à la plage de la baie d'Akouango-village pollution par des métaux lourd. Un Timberjack enfoui sous le sable abandonné par les extracteurs illégaux de sableDevenu inaccessibles, les seules personnes qui fréquentent encore cette zone, sont les scieurs de billes de bois jonchant les plages, car l’unique voie d’accès a été coupée depuis 2006, suite aux activités illicites de prélèvement de sable de plage.

Les images de ce reportage parlant d’elles même, nous pensons qu’avec les effets des changements climatiques, notamment la montée des eaux de mer sur la plate forme continentale, les pouvoirs publics devraient prendre cet épineux problème à bras le corps par des actions beaucoup plus concrètes et rapides avant qu'il ne soit trop tard.

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