ong h20

Immersion à Matanda

A l’image des autres quartiers de Port-Gentil, dans la province de l'Ogooué maritime Matanda, situé au sud de la ville cache un visage d’insalubrité insoutenable derrière son activité principale - celle de la pêche artisanale maritime - les ordures ménagères se forment partout comme des champs de ruine. Parfois, il faut, se pincer les narines pour mieux circuler devant les tas d’immondices qui envahissent cet écosystème. C’est un quartier qui vit, peu importe l’heure. « Les garçons d’ici veillent toute la nuit », raconte, Marie, une commerçante.Matanda, Port-gentil

Les débits de boissons sont épargnés du contrôle des policiers quant à la surveillance de fermeture des bars à 22h. A côté de cette ambiance, on déplore l’habitat semi-traditionnel, quelques maisons modernes sont perdues au milieu des habitations confondues à des huttes formant des labyrinthes. Des vendeurs à la sauvette font la pluie et le beau temps à Matanda (déformation du mot atanda ‘’palétuviers’’ en myènè).

Matanda, autrement appelé « village des pêcheurs » à cause de sa principale activité qu’est la pêche artisanale où est concentrée une forte communauté béninoise, se trouve être assimilé à une poubelle. Des décharges improvisées aux entrées et sorties des 5 quartiers (Irinikongo, Lippe1-2, Sekpocondji et Matanda antenne), qui constituent ce ‘’village’’ très fréquenté par les portgentillais pour l’achat du poisson.Matanda, Port-gentil

A voir ce quartier de la route, le visiteur est tenté d’affirmer que Matanda est à l’abri de l’incivisme des habitants. Or, la réalité est cachée derrière l’atmosphère qui entoure ses différents débarcadères où arrivent les pêcheurs. Les ordures ménagères cohabitent avec les résidents sans qu’elles ne les gênent. « La politique visant à répondre favorablement aux préoccupations des populations concernant l’insalubrité semble dépasser les autorités », observe, Olivier, un riverain.Matanda, Port-gentil

Le chemin jusqu’à la salubrité est encore long. De la crise à la gestion des déchets ménagers en passant par une vraie campagne de sensibilisation, il faut impliquer tous les maillons de la chaîne de la promotion de salubrité publique. « Le plan de ramassage des ordures est mal défini surtout en milieu sous-intégré », constate, le président de l’ONG H2O Gabon, Henri Michel Auguste. Des propos corroborés par Eugène Djossou, installé à Matanda, il y a maintenant 32 ans.

Le 13 septembre dernier 2013, des pré-collecteurs d’ordures bénéficiaient d’un soutien matériel de nettoyage pour secourir la société Gabon Propre services, spécialisée dans la collecte des déchets, mais rien de visible sur le terrain à raison des lourdeurs municipales au service technique. Visiblement, le problème des ordures alimente les conversations.

La négligence et l’inconscience ont gagné tous les quartiers de Port-Gentil, qui est en détresse devant la montée des immondices. Que réserve le nouveau bureau municipal avec au perchoir, Bernard Apérano, l’édile reconduit ? Une immersion à l’intérieur de la commune de Port-Gentil peut donner de la nausée aux plus sensibles. Aidons les autorités à changer de politique de développement.

Port-Gentil. Danny KOUELE TOLE, Gabon. A2/15.02.14

×