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Occupation illégale du domaine public maritime

Amenagement-plage-lycee-leon-mba-3-ok-2.jpgAujourd’hui plus que jamais, le littoral gabonais, notamment celui de Libreville est touché par un phénomène important d'urbanisation illégale.

Objet de toutes les convoitises de la part des richissimes nationaux et étrangers, le littoral de Libreville est assailli de toutes parts par des constructions plus imposantes les unes que les autres. Cette privatisation outrancière du domaine public maritime entrave le libre accès des populations à la plage.

En effet, depuis ces derniers temps, l’Etat est resté muet ou quasiment impuissant devant une  certaine catégorie de compatriotes qui occupent illégalement le domaine public maritime malgré la réglementation en vigueur en république gabonaise.

Le Domaine public maritime est en fait composé de la mer territoriale, du plateau continental, de la mer intérieure, des rivages de la mer couverts par les plus hautes marées ainsi qu’une zone de cent mètres de large à partir de la limite atteinte par les plus hautes marées.

Cette réglementation stipule, qu’au-delà justement de 100 m de la marrée haute, on ne peut délivrer de permis de construire, encore moins donner un titre foncier. En définitive, personne n’a le droit de construire ou encore moins d’occuper cet espace. Il faut donc sauvegarder le domaine public maritime face à l’assaut des affairistes et autres citoyens véreux qui y construisent des établissements divers avec toutes les conséquences sur les eaux de baignade, et surtout les habitations « pieds dans l’eau »  pour les revendre ensuite à coût de milliards de francs Cfa.

Le littoral de Libreville et Owendo, peuvent nous servir d’exemple à cette situation. Ces deux environnements souffrent énormément de l’agression quasi permanente causée par la rué frénétique des promoteurs privés. Cette occupation illégale, modifie considérablement la morphologie de ces espaces, mais prive aussi les populations de plage et le voisinage de vue sur la mer.

Tous les samedis et dimanches, de nombreux Librevillois sont obligés de parcourir des kilomètres pour s’effrayer une place à la plage. Les seuls endroits encore fréquentables, sont les plages du Lycée National Léon Mba, le Tropicana et la Sablière au nord de la capitale gabonaise.

Sur les lieux, la situation est plus que préoccupante. Les plages se rétrécissent davantage à cause des constructions sauvagement disposées tout au long de cette partie du littoral. Ces constructions anarchiques offrent un triste décor, car le littoral est la première et la dernière chose que les visiteurs du pays voient. Les propriétaires de ces édifices qui sont généralement de gros bonnets dont les fortunes suscitent des interrogations, interdisent systématiquement les baigneurs de fréquenter les plages situées à côté de leurs propriétés. Est-ce, on assiste là à un début de privatisation des plages ?

Amenagement-plage-lycee-leon-mba-9-ok-etat.jpgL’Etat qui est censé appliquer strictement la réglementation en vigueur est curieusement le premier à avoir enfreins à la loi. A titre d’exemple, l’Etat gabonais a donné son accord à la société FERICHA, pour effectuer les travaux d’aménagement et d’embellissement de la plage en face du lycée Léon Mba, situé entre l’ancien hôtel Dialogue et le Laïco Okoumé Palace jusqu’au pont Gué-gué. Ces espaces reçoivent tous les week-ends, l’organisation de plusieurs manifestations culturelles et des loisirs. A moins de quelques mètres seulement de la marée haute, il est prévu la construction de plusieurs infrastructures, notamment les structures sportives et de restauration.

littoral-du-cap-santa-clara-3.jpgLe problème de l'occupation illégale du domaine public maritime s’étend même au-delà de Libreville et Owendo. Le phénomène touche actuellement le littoral des deux Caps : Cap Santa-Clara et le Cap-Estérias. Dans ces endroits, les fortunés s’autoproclament propriétaire des hectares de terrains le long du rivage. Certains vont même jusqu’à implanter les pancartes à moins de deux mètres du rivage.   

occupation-illegale-du-domaine-public-maritime-pont-gue-gue-5.jpgAu moment où, le gouvernement et la Mairie de Libreville sont entrain de mener une campagne de destruction des habitations et autres commerces de fortunes érigés sur le domaine public, il serait judicieux étend entendue que le domaine public maritime est inaliénable et imprescriptible de procéder avant qu’il ne soit trop tard à la destruction pure et simple des constructions érigé illégalement sur le domaine public maritime.